Nous contacter | Annuaires | Agenda | Plan de ville | Publications

Accident de la route

L’an Mil Huit Cent Quatorze le Quatre Décembre Deux heures un quart de la levée nous Joseph Etienne Victor Gabriel Donat de St Coux Maire du Bourg de Triel , est comparu le nommé Sieur Marguerin Huvey , cultivateur à St André département de l’Eure, faisant le métier De roullier pendant l’hiver, lequel nous a déclaré qu’à la sortie de ce Bourg du côté de Poissy, un homme passant près de sa voiture, du côté hors main s’étant laissé tomber la tête sous la roue de sa voiture, a été écrasé sans qu’il put le voir, et qu’il n’a eu connaissance de cet accident que par les cris de plusieurs personnes, entre autres la femme d’un cabaretier qui occupe la dernière maison, et la fille du nommé Touillet dit la xxx habitant de cette commune , qui avait fait une partie de la route de Poissy à Triel a vu ce malheureux.
Fait à Triel les jours mois et an susdits
Il est ainsi signé L.Huvey et Donat de St Coux Nous Maire susdit d’après cette déclaration nous sommes transportés au bout du pays à l’endroit appellé Saint Martin où le malheur est arrivé, fait accompagner du Sr Cazenave chirurgien domicilié en cette commune, à l’effet de constater le genre de mort de Charles Joseph Beurtin reconnu pour tel par Jacques Joseph Guignard son oncle maternel qui revenait aussi de Poissy et qui est passé par Triel peu après cet accident. Le chirurgien après avoir prêté serment entre nos mains a dressé son procès verbal, que nous annexons au présent, nous avons pris des informations sur les personnes qui étaient présentes, et qui pouvaient nous donner des notions sur cet événement, s’est présenté d’abord la dame Dumesnil mde de vin, demeurant en cette commune laquelle nous a dit que sur les deux heures étant sur le pas de sa porte, elle a vu plusieurs voitures passer, qu’au moment où elle jasait avec un des voituriers conduisant ces voitures , elle a apperçu un homme de pied tout proche de la voiture de ce dernier, et de l’autre côté de la voiture, et qu’au même moment elle a entendu les cris d’une jeune fille disant qu’un homme venait d’être écrasé, elle a porté de suite sa vue sur l’homme qu’elle venait de voir un instant auparavant, et elle l’a apperçu étendu sur terre , la roue de la voiture lui ayant passé sur la tête, elle ne peut attribuer ce malheur qu’à l’imprudence du jeune homme, ou à l’état d’ivresse dans lequel il paraissait se trouver , et non au voiturier qui était bien à ses chevaux et qui en tenait les guides.
S’est aussi présenté Marie Geneviève Touillet femme d’Etienne Touillet vigneron demeurant en cette commune, laquelle nous a dit avoir fait une partie de la route de Poissy à Triel avec le susdit Charles Joseph Beurtin qu’elle s’est aussi apperçu qu’il était un peu ivre, et qu’elle le suivait de très proche, qu’arrivés à Triel il est tombé soit par l’effet d’un faux pas, soit à cause de l’état d’ivresse dans lequel il était, près d’une voiture, que le conducteur de cette voiture ne l’appercevant pas, puisqu’il était du côté hors main n’a pu arrêter les chevaux et que la roue lui est passée sur la tête elle a déclaré que la faute n’en peut être imputé au voiturier
Donc du tout avons rédigé le présent procès verbal que la dame Dumesnil et Marie Geneviève Touillet ont signé avec nous, le dit Guignard
Ayant déclaré ne savoir signer de ce interpellé suivant la loi
Est signé : Femme Dumesnil, Geneviève Touillet, Donat de St Coux

Nous soussigné Jean Dominique Cazenave Chirurgien domicilié à Triel, requis par Mr le Maire de la ditte commune, à l’effet de constater le genre de mort du nommé Charles Joseph Beurtin écrasé par une voiture nous avons reconnu tous les os de la tête écrasés par morceau à l’exception du pariétal qui ne l’est qu’à moitié, sortant à travers les téguments qui étaient ouverts, la tête applatie sur les pariétaux, la cervelle hors de la tête, ce qui ne peut avoir été faite que par un corps contondant, pourquoi nous avons rédigé le présent procès verbal, à Triel ce quatre Décembre mil huit cent quatorze ainsi signé Cazenave Nous avons dit plus haut que le cadavre avait été reconnu par le Sieur Joseph Guignard pour être celui de Charles Joseph Beurtin, âgé de vingt un ans, journalier, domicilié en la commune de Vaux canton de Meulan, époux d’Hermine Désirée Fleury il l’a été de même par Jacques Reve âgé de vingt ans, cousin germain, et Pierre Mathurin Dreux âgé de seize ans aussi cousin germain, tous les deux journaliers et domiciliés à Vaux, laquelle déclaration a été signée par Pierre Mathurin Dreux, Jacques Reve ayant déclaré ne le savoir ainsi signé Mathurin Dreux et Donat de St Coux Et sur la demande qui nous a été faite par les parents, et vu la proximité de Vaux, nous Maire susdit, permettons que le cadavre soit transporté au cimetière de Vaux. A triel le quatre Décembre mil huit cent quatorze

Pour copie conforme délivrée par nous Maire de Triel soussigné

_Il a été trouvé sur le dit Beurtin en argent trente sept francs soixante quinze cts que Goujon, Garde Champêtre est chargé de remettre à xxxx de Vaux

Observations : Patronyme Beurtin ou Burtin

Mariage à Vaux le 06/06/1814 de :
Burtin Joseph Charles né à Paris le 21/09/1793
Fils de Pierre Charles et Roger Magdeleine
Fleury Hermine Désirée née à Vaux le 22/02/1797
Fille de Charles et Royer Ermine Nicole

Source : AD Yvelines- Cote 1134372 – Page 396